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  • THIERNO LY
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  • 09/02/1974
  • littérature Poésie théâtre roman Education
  • ancien professeur de français au lycée cheikh Omar foutiyou tall de saint-louis du Sénégal. Actuellement en deuxième année de thèse SHS, Sciences de L'EDUCATION, mention Education et formation à L'université de Provence (Aix marseille I)

exercices littéraires

Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /Mai /2009 21:07

EX : « Au reste, le domaine de la poésie est illimité. Sous le monde réel, il existe un monde idéal, qui se montre resplendissant à l’œil de ceux que des méditations graves ont accoutumés à voir dans les choses plus que les choses » Victor HUGO (1802-1885), Préface des Odes (1822)

A la lumière de cette citation, dites comment par le jeu du langage le poète arrive-t-il à dépasser le réel, et mieux, le représenter.

I.                   LA COMPREHENSION DU SUJET

a.      La lecture – imprégnation

La démarche consiste à relever et expliciter les mots difficiles et importants du sujet. On peut aussi procéder à une analyse grammaticale du sujet, notamment en dégageant le thème et le prédicat.

Le thème = ce dont on parle = le domaine de la poésie

Le prédicat = ce qu’on en (de ce dont on parle) dit = « est limité » = Du réel à l’idéal

b.      La reformulation

Dans la définition qu’il propose, Victor HUGO montre que la poésie est une création imaginative et visionnaire qui dépasse la simple réalité.

Reformulation = la poésie vise l’idéal en dépassant la réalité.

NB : On ne reformule le sujet qu’on le juge assez long et répétitif. Il s’agit d’en simplifier sa compréhension

c.       L’étude de la consigne

Elle permet d’avoir une idée  précise  de la démarche à suivre en indiquant, par exemple, l’orientation (synthétique, critique ou comparative…) que la consigne implique.

Dans ce sujet, la consigne propose une démarche qui nécessite une approche critique dont l’objet est d’expliciter d’abord la pensée de Victor Hugo dans la thèse avant de la dépasser, la nuancer ou s’y opposer (l’option à choisir dépend du candidat) dans l’Antithèse.  Le mot langage précise le domaine dans lequel le candidat doit circonscrire sa réflexion.

CONCLUSION : Il ne s’agit plus donc de réfléchir sur un domaine illimité de la poésie mais sur :

La thèse : Comment le langage permet-il au poète d’accéder à l’idéal?

L’antithèse : En quoi le langage est-il uniquement un moyen de représentation du réel ?

d.      Le contexte du sujet

Il permet au candidat de pouvoir amener le sujet dans l’introduction.

Historique : cette définition est produite au 19ème siècle

Littéraire : réel = parnasse ; idéal = symbolisme, surnaturalisme, etc.

Il est aussi possible pour le candidat de développer des idées au-delà de ce contexte. Toujours est-il qu’il doit toujours rester fidèle au thème du sujet.

II.                LA RECHERCHE DES IDEES

  1. Dans la thèse :

Argument 1

Le jeu des mots ne sert pas uniquement dans la création poétique à transfigurer le langage, il permet au poète de sonder ce qui semble, à priori, inaccessible. Ainsi se sert-il des mots pour atteindre un monde idéal qui ne représente pas forcément ce qui transparaît des apparences du monde. Le langage peut alors donner à la poésie les moyens métaphysiques de dépasser le réel.

Exemples :

-          « Ce n'est pas l'art, mais une force divine qui leur inspire leurs vers ».

Platon s’adressant aux poètes

-          « Dieu dictait, j’écrivais »

Victor Hugo

Argument2 :

L’usage que les poètes font des mots est singulier. Il ne s’agit pas pour lui de révéler leur sens commun, celui que tout le monde connait et qui réfère à une réalité objective. Or, c’est par le biais du langage qu’il peut davantage s’élever, échapper à l’emprise des banalités de la réalité du monde ambiant.

Exemples 2:

-          « La poésie est l'ambition d'un discours qui soit chargé de plus de sens, et mêlé de plus de musique, que le langage ordinaire n'en porte et n'en peut porter ».

Paul Valéry (1871-1945)  Variété I et II

-          « Le poète débarrasse les mots des intentions d'autrui, (…), de telle manière qu'il perde leur lien avec certaines strates intentionnelles et certains contextes du langage. On ne doit pas sentir derrière les mots d'une œuvre poétique les images typiques et objectivées des genres (hormis le genre poétique lui-même), les visions du monde ».

Mikhaïl Bakhtine (1895-1975)  Esthétique et théorie du roman

Argument 3 :

Par le langage, le poète passe de l’ordinaire à l’extraordinaire, du banal au sublime. En effet, il fait de sorte que sa poésie soit un tissu de mots épurés à la fois de leurs consonances et de leurs significations communes et habituelles.

Exemples 3:

-           « Le poète, en composant des poèmes, use d'une langue ni vivante, ni morte, que peu de personnes parlent, que peu de personnes entendent ».

Jean Cocteau

-          “La médiocrité de notre univers ne dépend-elle pas essentiellement de notre pouvoir d’énonciation ? [...] Qu’est-ce qui me retient de brouiller l’ordre des mots, d’attenter de cette manière à l’existence toute apparente des choses ! [...]”

André Breton Point du jour (1924).

-          « Voilà le rôle de la poésie. Elle dévoile, dans toute la force du terme. Elle montre nues, sous une lumière qui secoue la torpeur, les choses surprenantes qui nous environnent et que nos sens enregistraient machinalement. »

Cocteau (1889-1963), Le Secret professionnel

Argument 4 :   

Le langage peut aussi aider le poète à créer une œuvre qui permet de rendre audibles les silences qui peuplent la nature et, par conséquent, de lier le réel à l’idéal. Par ce moyen, son œuvre peut-être le produit d’une ascension inconsciente, de la réalité à l’irréalité. En vérité, le langage est pour le poète le lien qui unit la matière et l’esprit. 

Exemple 4 :

-          « Quand un poète vous semble obscur, cherchez bien, et ne cherchez pas loin. Il n'y a d'obscur que la merveilleuse rencontre du corps et de l'idée, qui opère la résurrection du langage. »

Alain (1868-1951), Propos de littérature

-          «  Lorsque j'étais un poète entre les hommes, j'inventais ce vers qui n'avait ni rime ni mètre, Et je le définissais dans le secret de mon cœur cette fonction double et réciproque par laquelle l'homme absorbe le monde et restitue dans l'acte suprême de l'inspiration une parole intelligible. »

Paul Claudel (1868-1955), La Ville (2e version)

-          « La poésie doit être faite par tous. Non par un. Toutes les tours d'ivoire seront démolies, toutes les paroles seront sacrées et l'homme s'étant enfin accordé à la réalité qui est sienne, n'aura plus qu'à fermer les yeux pour que s'ouvrent les portes du merveilleux. »

Paul Éluard (1895-1952)

Argument 5 :

 Le langage, comme chez les poètes surréalistes, permet de dérégler les sens et de faire parler l’inconscient du poète. Il apparaît dès lors comme l’un des moyens les plus surs pour le poète de traduire de manière brute et automatique ses illuminations et ses profondes hallucinations. 

Exemple 5 :

-          « La création poétique est d’abord une violence faite au langage. Son premier acte est de déraciner les mots. Le poète les soustrait à leurs connexions et à leurs emplois habituels. »

Octavio Paz (1914-1998), L’Arc et la Lyre (1956)

-    « À l'intérieur de ce microcosme [le poème], une logique des mots s'impose qui n'a rien à voir avec la communication linguistique normale : elle crée un code spécial, un dialecte au sein du langage qui suscite chez le lecteur le dépaysement de la narration où les surréalistes voient l'essentiel de l'expérience poétique. »

M. Riffaterre (1924-2006), La Production du texte (1979)

2.  Dans l’antithèse :

Contre argument 1 :

Pour certains le poète n’use pas toujours du langage pour atteindre un idéal ou le monde irréel, mais bien pour représenter de manière objective les manifestations concrètes du réel. Il peut ne pas chercher exclusivement dans le mot une signification particulière, mais un simple moyen décoratif dont le signifiant représenterait les beautés concrètes de l’univers.

Contre-exemple 1 :

-          « De la musique avant toute chose / Et pour cela préfère l'Impair / Plus vague et plus soluble dans l'air / Sans rien en lui qui pèse ou qui pose. »

Verlaine (1844-1896), Jadis et naguère, « Art poétique »

-          « Les poètes sont des hommes qui refusent d'utiliser le langage. »

Sartre (1905-1980), Qu’est-ce que la littérature ?

Contre argument 2 :

Le langage a aussi une fonction esthétique dans la création poétique en permettant au poète, à l’image d’un peintre, de renouveler les beautés de la nature. Il ne s’agit donc plus, pour lui, de représenter ce qui se cache sous le réel mais justement de renouveler voir d’embellir ses apparences. 

Contre exemple 2 :

-          « Le poète, souvent comparé à un sculpteur, doit transformer, une matière difficile, le langage, en beauté, grâce à un patient labeur. Ce qui prime, ce n'est donc pas l'inspiration, mais le travail sur la forme. »

LAURENT ENET

Contre Argument 3 :

Par le langage le poète peut chercher l'équilibre des formes. Or, comme le soutiennent les parnassiens, celles-ci constituent l’aboutissement de tout poème. Le culte de la beauté fait que le poète use d’un langage technique dépouillé de toutes imperfections.

Contre Exemple 3

-          La poésie doit être le miroir terrestre de la Divinité, et réfléchir, par les couleurs, les sons et les rythmes, toutes les beautés de l'univers.

Madame de Staël (1766-1817), De l’Allemagne (1810) 

 

Contre Argument 4 :

Le langage n’arrive pas toujours par le jeu des mots à représenter toutes les visions du poète. Chez les surréalistes, par exemple, l’image est plus prompte à représenter l’expression intérieure du poète, le fruit de son inconscient, que le langage lui-même.

Contre Exemple 4 :

-          « L'image réconcilie les contraires, mais cette réconciliation ne peut être expliquée par des mots - sinon ceux de l'image, qui ont cessé d'être des mots. L'image est ainsi un recours désespéré contre le silence qui nous envahit chaque fois que nous tentons d'exprimer la terrible expérience de ce qui nous entoure et de nous-mêmes.»

Octavio Paz

 

 

Par THIERNO LY - Publié dans : exercices littéraires
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Samedi 7 février 2009 6 07 /02 /Fév /2009 02:14

Sujet : Mallarmé s’adressant aux poètes s’écrie : « Ö vos propres ennemis ! Pourquoi  encenser et prêcher vous-mêmes cette impiété la vulgarisation de l’art ? Que les masses lisent la morale, mais de grâce ne leur donnez pas notre poésie à gâter ».

Quelle réflexion vous inspire cette déclaration ?

I.                   La compréhension du sujet

a.      Les mots-clés

-         Propres ennemis = les poètes

-         Encenser et prêcher : Véhiculer, développer, transmettre, etc.

-         Impiété= la vulgarisation de l’art comme l’expression de la morale

b.     Les différentes idées du sujet

-         Pourquoi les poètes développent-ils la morale ? = les poètes ne doivent pas se soucier de morale

-         La morale est l’affaire des peuples

-         La morale déprécie l’inspiration poétique

c.      La reformulation du sujet

Mallarmé pose dans sa déclaration la problématique liée à la relation entre Poésie et Morale. Pour lui, les poètes ne doivent pas se soucier de morale car elle empêche l’inspiration poétique. Donc on peut reformuler la pensée de Mallarmé en ces termes suivants : la morale déprécie la poésie.

d.     La consigne

Quelle réflexion vous inspire  cette déclaration ?

Dans cette consigne, le terme réflexion invite le candidat à donner son point de vue ou son opinion sur la problématique du sujet ; ce qui laisse penser à une démarche critique où il sera question de :

-         Une thèse : expliciter l’idée que la morale déprécie la poésie ou les poètes ne doivent pas se soucier de morale

-         Une antithèse : le candidat a plusieurs possibilités dans une antithèse ; il peut réfuter catégoriquement, nuancer ou compléter la problématique du sujet. Nous pouvons retenir l’option qui consistera à relativiser les propos de MALLARME. Par conséquent, on pourra développer l’idée que la morale peut avoir un apport positif dans la création poétique ou que la morale peut être une source d’inspiration poétique.

-         Une synthèse : Certes la morale peut empêcher l’inspiration poétique, mais elle peut avoir un intérêt positif pour les poètes.

 

II.                PROPOSITION D'UNE rédaction du devoir

 


Les poètes ont souvent cherché à comprendre la source de leur inspiration et donner une conception de leur art. Certains parmi eux ont longtemps pensé qu’ils recevaient leur parole d’une force supérieure comme les muses. En vérité, la conception poétique a beaucoup évolué embrassant ainsi tous les domaines de la connaissance, même si Mallarmé semble dire que la poésie exclut la morale de son champ d’exploration, ou que la morale déprécie la poésie. Toujours est-il que sa réflexion suscite deux interrogations : pourquoi les poètes ne doivent-ils pas se soucier de morale dans leur œuvre ? La morale peut-elle être source d’inspiration poétique ?

Parce que pour lui la morale est affaire du peuple, Mallarmé semble la placer dans le domaine de l’ordinaire et du banal ; Or, la poésie s’inscrit dans un autre registre, celui d’une création non pas amorale ou immorale, mais qui ne doit pas accorder trop d’importance à la morale. Si donc les poètes ne prospectent pas, ni n’explorent le domaine de la morale, il paraît essentiel de délimiter au contraire le domaine d’investigation dans lequel ils inscrivent leur création. Il faut dire que si la morale empêche l’inspiration poétique, c’est parce qu’elle est coercitive et contraignante ; D’où la nécessité de libérer la poésie de toute contrainte. A ce sujet EDGAR ALLAN Poe dans Le principe de la poésie affirme : «  [La poésie] n'a aucun rapport ni avec le devoir ni avec la vérité. ». Elle peut alors être considérée comme une source d’inspiration spontanée et parfois improvisée et qui ne souffre d’aucune contrainte morale ou ne vise une utilité quelconque, sinon de maintenir  le poète dans une profonde imagination, dans le rêve, bref dans l’abstraction. Cette conception de la poésie est surtout développée chez les romantiques dont l’épanchement lyrique et l’expression des sentiments sont libres. De plus, chez les parnassiens la poésie ne cherche pas à être utile ou ne vise pas une finalité morale, elle est surtout un moyen de représentation et de renouvellement des beautés de la nature. Ainsi donc la poésie peut certes être considérée comme une création qui réfute toute contrainte morale, mais il n’empêche qu’elle ne saurait complètement se soustraire à la morale au moins en tant qu’utilité politique et sociale.

Même s’il reste vrai que certains poètes conçoivent la poésie en dehors de toute morale, d’autres par contre la considère comme un moyen d’éducation et d’engagement politique et social.  La morale résulte donc d’une utilité particulière comme par exemple dans les domaines politique et social. C’est ainsi qu’au 17 ème siècle les fables de Jean de la fontaine constituent une illustration parfaite de cette poésie qui est intimement liée  à la morale. Or La fable accède en même temps au rang de genre poétique qui s'adresse à l'«honnête homme», amateur de littérature morale. Il s'agissait de déterminer le rôle du poète, son utilité sociale : être le guide inspiré découvrant les liens invisibles entre le moi et l'univers ou plutôt le chantre des combats dans l'arène sociale. L'histoire de la poésie reste dès lors liée, au-delà du lyrisme personnel illustré par du Bellay, Baudelaire, Rimbaud, à l’engagement dans les préoccupations de l'époque comme avec Agrippa d’Aubigné, Boileau, Chénier, les poètes de la Résistance. Pour Victor Hugo, par exemple, le vrai rôle du poète est de « réveiller le peuple».

En définitive on peut retenir que même si les poètes ne doivent pas trop se soucier de morale, la poésie au contraire reste pour certains d’eux intimement liée à celle-ci. On peut comprendre ou penser que la poésie soit conçue comme une inspiration imaginative qui se soustrait à toute contrainte morale, mais cela ne suffit pas pour écarter la création poétique de toute utilité morale.

Par THIERNO LY - Publié dans : exercices littéraires - Communauté : discussions littéraires
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