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  • THIERNO LY
  • Le blog de thierno ly
  • Homme
  • 09/02/1974
  • littérature Poésie théâtre roman Education
  • ancien professeur de français au lycée cheikh Omar foutiyou tall de saint-louis du Sénégal. Actuellement en deuxième année de thèse SHS, Sciences de L'EDUCATION, mention Education et formation à L'université de Provence (Aix marseille I)
Samedi 7 février 6 07 /02 /Fév 02:14

Sujet : Mallarmé s’adressant aux poètes s’écrie : « Ö vos propres ennemis ! Pourquoi  encenser et prêcher vous-mêmes cette impiété la vulgarisation de l’art ? Que les masses lisent la morale, mais de grâce ne leur donnez pas notre poésie à gâter ».

Quelle réflexion vous inspire cette déclaration ?

I.                   La compréhension du sujet

a.      Les mots-clés

-         Propres ennemis = les poètes

-         Encenser et prêcher : Véhiculer, développer, transmettre, etc.

-         Impiété= la vulgarisation de l’art comme l’expression de la morale

b.     Les différentes idées du sujet

-         Pourquoi les poètes développent-ils la morale ? = les poètes ne doivent pas se soucier de morale

-         La morale est l’affaire des peuples

-         La morale déprécie l’inspiration poétique

c.      La reformulation du sujet

Mallarmé pose dans sa déclaration la problématique liée à la relation entre Poésie et Morale. Pour lui, les poètes ne doivent pas se soucier de morale car elle empêche l’inspiration poétique. Donc on peut reformuler la pensée de Mallarmé en ces termes suivants : la morale déprécie la poésie.

d.     La consigne

Quelle réflexion vous inspire  cette déclaration ?

Dans cette consigne, le terme réflexion invite le candidat à donner son point de vue ou son opinion sur la problématique du sujet ; ce qui laisse penser à une démarche critique où il sera question de :

-         Une thèse : expliciter l’idée que la morale déprécie la poésie ou les poètes ne doivent pas se soucier de morale

-         Une antithèse : le candidat a plusieurs possibilités dans une antithèse ; il peut réfuter catégoriquement, nuancer ou compléter la problématique du sujet. Nous pouvons retenir l’option qui consistera à relativiser les propos de MALLARME. Par conséquent, on pourra développer l’idée que la morale peut avoir un apport positif dans la création poétique ou que la morale peut être une source d’inspiration poétique.

-         Une synthèse : Certes la morale peut empêcher l’inspiration poétique, mais elle peut avoir un intérêt positif pour les poètes.

 

II.                PROPOSITION D'UNE rédaction du devoir

 


Les poètes ont souvent cherché à comprendre la source de leur inspiration et donner une conception de leur art. Certains parmi eux ont longtemps pensé qu’ils recevaient leur parole d’une force supérieure comme les muses. En vérité, la conception poétique a beaucoup évolué embrassant ainsi tous les domaines de la connaissance, même si Mallarmé semble dire que la poésie exclut la morale de son champ d’exploration, ou que la morale déprécie la poésie. Toujours est-il que sa réflexion suscite deux interrogations : pourquoi les poètes ne doivent-ils pas se soucier de morale dans leur œuvre ? La morale peut-elle être source d’inspiration poétique ?

Parce que pour lui la morale est affaire du peuple, Mallarmé semble la placer dans le domaine de l’ordinaire et du banal ; Or, la poésie s’inscrit dans un autre registre, celui d’une création non pas amorale ou immorale, mais qui ne doit pas accorder trop d’importance à la morale. Si donc les poètes ne prospectent pas, ni n’explorent le domaine de la morale, il paraît essentiel de délimiter au contraire le domaine d’investigation dans lequel ils inscrivent leur création. Il faut dire que si la morale empêche l’inspiration poétique, c’est parce qu’elle est coercitive et contraignante ; D’où la nécessité de libérer la poésie de toute contrainte. A ce sujet EDGAR ALLAN Poe dans Le principe de la poésie affirme : «  [La poésie] n'a aucun rapport ni avec le devoir ni avec la vérité. ». Elle peut alors être considérée comme une source d’inspiration spontanée et parfois improvisée et qui ne souffre d’aucune contrainte morale ou ne vise une utilité quelconque, sinon de maintenir  le poète dans une profonde imagination, dans le rêve, bref dans l’abstraction. Cette conception de la poésie est surtout développée chez les romantiques dont l’épanchement lyrique et l’expression des sentiments sont libres. De plus, chez les parnassiens la poésie ne cherche pas à être utile ou ne vise pas une finalité morale, elle est surtout un moyen de représentation et de renouvellement des beautés de la nature. Ainsi donc la poésie peut certes être considérée comme une création qui réfute toute contrainte morale, mais il n’empêche qu’elle ne saurait complètement se soustraire à la morale au moins en tant qu’utilité politique et sociale.

Même s’il reste vrai que certains poètes conçoivent la poésie en dehors de toute morale, d’autres par contre la considère comme un moyen d’éducation et d’engagement politique et social.  La morale résulte donc d’une utilité particulière comme par exemple dans les domaines politique et social. C’est ainsi qu’au 17 ème siècle les fables de Jean de la fontaine constituent une illustration parfaite de cette poésie qui est intimement liée  à la morale. Or La fable accède en même temps au rang de genre poétique qui s'adresse à l'«honnête homme», amateur de littérature morale. Il s'agissait de déterminer le rôle du poète, son utilité sociale : être le guide inspiré découvrant les liens invisibles entre le moi et l'univers ou plutôt le chantre des combats dans l'arène sociale. L'histoire de la poésie reste dès lors liée, au-delà du lyrisme personnel illustré par du Bellay, Baudelaire, Rimbaud, à l’engagement dans les préoccupations de l'époque comme avec Agrippa d’Aubigné, Boileau, Chénier, les poètes de la Résistance. Pour Victor Hugo, par exemple, le vrai rôle du poète est de « réveiller le peuple».

En définitive on peut retenir que même si les poètes ne doivent pas trop se soucier de morale, la poésie au contraire reste pour certains d’eux intimement liée à celle-ci. On peut comprendre ou penser que la poésie soit conçue comme une inspiration imaginative qui se soustrait à toute contrainte morale, mais cela ne suffit pas pour écarter la création poétique de toute utilité morale.

Par THIERNO LY - Publié dans : exercices littéraires - Communauté : discussions littéraires
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