les principales figures de style

Publié le par thierno ly professeur de français et doctorant à l'USL

LES PRINCIPALES FIGURES DE RHETORIQUE

OU FIGURES DE STGYLE

Définition

A son origine, la rhétorique était l'art de parler en public et de composer les discours. Le mot vient du grec, rhêtôr, qui veut dire orateur. Par sa technique de composition et d'ordonnance, elle a pour objet de présenter les idées d'un texte de la manière la plus convaincante possible, en faisant appel notamment aux figures de rhétorique (ou figures de style).

             I.      Métaphore, comparaison, métonymie

1.  La Métaphore est le transfert d'un terme concret dans un contexte abstrait, ou du nom d'un objet sur un autre, présentant avec lui des analogies. C'est le passage du sens propre au sens figuré, et la création d'une image :

"Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :

Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie."

(« Quand vous serez bien vieille », Ronsard)

Au XVIIème siècle, les Précieuses utilisent les figures de style avec délectation, et notamment les métaphores : on a l'âme sombre (être dépressif), l'intelligence épaisse (être abruti), on travestit sa pensée (ne pas être sincère). Le nez devient les écluses du cerveau, les joues, les trônes de la pudeur, et les yeux, le miroir de l'âme…

2.  La Comparaison emploie la conjonction « comme » pour introduire son image. Dans les vers suivants :

"Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles

La blanche Ophélia flotte comme un grand lys"…

(“Ophélia”, Arthur Rimbaud)

Le premier vers contient une métaphore : les étoiles dorment au lieu de se refléter. Le deuxième compare Ophélia à une fleur.

3.  La Métonymie et la Synecdoque donnent le nom d'un objet à un autre en vertu d'un rapport entre eux: la cause pour l'effet, le contenant pour le contenu, la partie pour le tout, le singulier pour le pluriel etc.

Exemple : boire (le contenu d') un verre, manger (le contenu d') une assiette, réveiller tout le quartier (les habitants). Dire les mortels pour les hommes, une voile pour un navire, etc.

          II.      Hyperbole, euphémisme, litote, antithèse, périphrase, antiphrase, oxymore

1.  L'Hyperbole met en relief une idée en poussant l'exagération. Parler d'une fortune incalculable ou d'une force surhumaine pour qualifier celle d'un homme.

Dire, comme Tristan L'Hermine, un Précieux du XVIIème siècle, pour exprimer l'extase d'un baiser :

"J'ai rencontré ma mort sur un bouton de rose…"

Ou bien comme San-Antonio :

"Le beaujolais nouveau coulait d'abondance, comme d'un chéneau, le trop-plein d'un orage". (Napoléon Pommier)

2.  L'Euphémisme adoucit par la forme, l'aspect choquant ou désagréable du fond

"La fourmi n'est pas prêteuse : (plutôt que « très avare »)

C'est là son moindre défaut".

(« La Cigale et la Fourmi », Jean de La Fontaine).

3.  La Litote exprime le moins pour suggérer le plus comme dans les expressions :

« C’est loin d'être mauvais, ce n'est pas mal du tout, etc. »

4.  L'Antithèse met ensemble ou en parallèle deux termes antinomiques, comme la chute du sonnet d'Oronte dans « le Misanthrope» de Molière :

"Belle Phillis, on désespère,

Alors qu'on espère toujours."

5.  La Périphrase évoque une personne ou un objet sans le désigner directement mais en utilisant une phrase par allusion :

"La femme du lion mourut;

Aussitôt chacun accourut

Pour s'acquitter envers le prince

De certains compliments de consolation"….

(« Les Obsèques de la lionne », La Fontaine)

Si La Fontaine avait commencé par : « La lionne mourut », il aurait écrit une autre fable…

6.  L'Antiphrase exprime avec ironie le contraire de ce que l'on veut dire :

"J'étais seul l'autre soir, au Théâtre-Français,

Ou presque seul; l'auteur n'avait pas grand succès.

Ce n'était que Molière"…

(« Une soirée perdue », Alfred de Musset)

"J'avais le dynamisme d'un commissaire de police du Cantal à la veille de sa retraite."

(“Napoléon Pommier”, San-Antonio)

7.  L'oxymore associe deux mots qui sont totalement en opposition :

"Le spectacle était épouvantable et charmant. Gavroche, fusillé, taquinait la fusillade. Il avait l'air de s'amuser beaucoup. C'était le moineau becquetant les chasseurs."

(« Les Misérables », Victor Hugo)

       III.      Ellipse, anacoluthe, chiasme

1.  L'Ellipse comme dans l'écriture cinématographique, opère un raccourcit et le plus souvent pour obtenir un effet saisissant :

"Deux coups de feu claquèrent.

François Capuche ne fêta pas son anniversaire le lendemain".

(Il vient de se faire descendre…)

(“Napoléon Pommier”, San-Antonio)

2.  L'Anacoluthe est une rupture hardie dans la construction d'une phrase au profit d'un nouvel élément ainsi mis en valeur :

"Le poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l'archer;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher."

(« Les Fleurs du Mal », Baudelaire)

3.  Le Chiasme est formé d'un croisement de deux termes :

"Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger."

"Ce n'est pas l'homme qui prend la mer,

C'est la mer qui prend l'homme…"

                                                                                   IV.      Redondance ou pléonasme, tautologie, cliché ou stéréotype

1.  La Redondance ou le Pléonasme reprennent la même idée dans des formulations voisines :

"Je l'ai vu, de mes yeux vus".

"Son récit succinct se développait clairement, sans redites ni points suspensifs."

(“Napoléon Pommier”, San-Antonio).

2.  La Tautologie donne l'apparence d'une définition alors qu'elle se contente de reprendre une idée déjà énoncée dans une formulation voisine.

"Il vaut mieux être riche et en bonne santé… que pauvre et malade." - (Coluche).

3.  Le Cliché ou stéréotype, lieu commun, poncif, topo, banalité etc. : sont des expressions usées d'avoir été trop utilisées comme belle comme le jour ou bête comme chou. Il fleurit particulièrement dans le domaine des sentiments amoureux, par exemple dans les paroles de chanson qui font rimer amour avec toujours.

NB : ce document est tiré de l’internet (corrigé et adapté au contexte du cycle secondaire)

 

Publié dans Stylistique

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E
Je trouve votre blog très bien, au début je comprenais rien, nada aux figures de styles mais maintenant je crois que ça va allez mieux.
merci
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C
je voudrais avoir un exposé complet sur les figures de styles évoqués dans une vie de boy de ferdinand oyono avec les exemples tirés du roman. merci
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S
Bonsoir,

Votre blog m'intéresse beaucoup et je viendrai souvent jeter un coup d'œil. à bientôt
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J
Hola:
Acabo de ver tu blog.
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