Partager l'article ! une vie de Boy, Ferdinand Oyono: Présentation générale d’Une vie de Boy de Ferdinand Oyono L’étude d’Une vie de boy ...
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Présentation générale d’Une vie de Boy de Ferdinand Oyono
L’étude d’Une vie de boy implique d’abord un aperçu biographique de l’œuvre, ensuite un rappel de son contexte historique et littéraire avant l’analyse du récit proprement dit.
1. Aperçu biographique et bibliographique
Il retrace les étapes de la vie de Ferdinand Oyono, l’auteur d’Une vie de boy, depuis sa naissance en 1929 jusqu'à sa carrière diplomatique au Cameroun, en passant par son éducation catholique reçue à la mission catholique.
La bibliographie est composée de trois romans :
· Une vie de boy, qui retrace l’histoire d’un boy Toundi Ondoua Drémé, tué par ses patrons blancs.
· Un vieux nègre et le médaille, où Oyono raconte les mésaventures du paysan, Meka, récompensé par la colonisation pour le sacrifice consenti par ses deux fils au nom de la mère patrie et, qui perd tout a cause de la brutalité et du zèle du commissaire de police » Gosier d’oiseau ».
· Chemin d’Europe où Aki Barnabas nourrit son rêve de poursuivre ses études en Europe. Un rêve brisé dans un premier temps par l’échec de sa demande de bourse, et réalisé, ensuite, par l’adhésion à une secte.
2. Contexte historique de l’œuvre
Il est marqué, vers le début de 1956, par une timide émancipation économique culturelle et politique des indigènes qui commencent à prendre place dans la vie de leur pays. Arrive alors la loi cadre du 23 juin 1956 qui accorde une certaine autonomie aux colonies, même si elle ne permet pas leur émancipation définitive. Ce qui installe le Cameroun dans une instabilité sociale, culturelle et même politique. Une vie de Boy paraît dès lors au milieu d’une polémique outrecuidante suscitée par l’humanisme révolutionnaire des surréalistes, l’abandon de la narration au profit du roman et du théâtre existentialiste avec Jean Paul Sartre et Jean Genêt. Ce qui paraît plus surprenant, c’est que l’œuvre d’Oyono s’inscrit dans une perspective conventionnelle du roman africain, tandis qu’ailleurs le roman se déstructure avec notamment Robbe Grillet. Peu importe, Une vie de Boy résistera à toutes les critiques et fera sa place, à la fois, selon Chevrier, par la vraisemblance du récit, l’engagement d’Oyono et les techniques cinématographiques, donc réalistes qu’on peut y déceler.
3. Résumé de l’œuvre
L’analyse du récit permet de retracer l’itinéraire tragique d’un boy en deux étapes: les deux cahiers du journal.
a. Le premier cahier
Il trace l’itinéraire de victimisation du héros qui, se sentant exclu des siens, s’enfuit sous la complicité de sa mère, pour rejoindre le père Gilbert à la mission catholique. Jacques Chevrier explique qu’ Oyono a assis son récit sur un schéma tragique, qui va de la mort du Père Gilbert à celle de son protégé Toundi, en passant par la méchanceté de son maître, commandant, et surtout celle de sa femme, Suzy Decazy qui avilit Toundi parce qu’il est témoin de son comportement adultérin en l’absence du maître parti en mission.
b. Le deuxième cahier
Il vient correspondre à la véritable tragédie de Toundi. Maltraité, battu et humilié, il est faussement accusé de mensonge et de complicité de vol avec Sophie, la maîtresse de l’ingénieur agricole. Mais le dénouement tragique du récit d’Oyono, explique Chevrier, commence dans la prison où le régisseur, Monsieur Moreau, le torture presque à mort ; une mort qui l’attend en Guinée espagnole où il s’est enfui.
4. La typologie des personnage et la thématique dans l’œuvre
L’étude typologique des personnages d’Une vie de boy correspond à celle de la thématique dans l’œuvre. En effet, chaque personnage rappelle, à travers son comportement, un thème bien spécifique. Parmi les thèmes les plus récurrents qu’on peut retenir il faut noter le racisme et la ségrégation liés à la situation coloniale qui justifierait tout sentiment négrophobe, la dégradation des mœurs qui est perceptible dans les comportements psychiquement dénaturés du colonisateur oppresseur et du colonisé opprimé, et enfin leurs rapports ambivalents et nécessairement conflictuels, donc déshumanisants. A ceux-là, il convient d’ajouter la volonté d’Oyono de rappeler le passé autochtone et indigène de Toundi qui explique sans doute le complexe d’infériorité qui poursuit le nègre jusqu’à la lucidité, c’est-à-dire la prise de conscience ou la démystification du blanc.
5. Les techniques d’écriture dans l’œuvre
Elles rappellent celles des réalistes français du 19ème siècle. En effet, Ferdinand Oyono observe une neutralité qui donne au récit une vraisemblance dont le lecteur pourrait se servir pour adopter une position lucide par rapport à la diégèse (l’histoire racontée). Seulement, en donnant l’initiative de la parole à un narrateur protagoniste, Toundi qui raconte sa propre histoire, il donne à son œuvre des allures autobiographiques qui confondent le point de vue du narrateur à l’histoire racontée. On note à ce propos une ambivalence entre le romancier lucide et neutre et son personnage narrateur complètement immergé dans son propre récit.
6. La signification de l’œuvre
Il faut noter la portée didactique de l’œuvre, notamment les leçons que tout lecteur pourrait tirer de l’histoire de Toundi pour renouveler sa vision de la situation coloniale. En effet, Une vie de boy est une tragi-comédie. Elle est tragique par l’intrigue, marquée par différentes passions démesurées, et le dénouement, c’est-à-dire la mort du héros. Elle est comique à travers l’ « humour », le « pittoresque » du langage africanisé de ses personnages. En réalité, en donnant à son œuvre une dimension tragi-comique, Oyono a révélé, comme l’a si bien expliqué Chevrier, sa véritable signification. En fait Une vie de boy est un réquisitoire anticolonial qui peint une situation où se manifestent des relations conflictuelles du colonisateur et du colonisé, dont les comportements sont logiquement ambivalents. Ce qui correspond au début de la décolonisation de l’Afrique. L’itinéraire de Toundi rappelle celui de l’initiation, de l’éducation et de la formation au terme desquelles, il sombre dans la déchéance. Son drame, c’est d’avoir voulu être authentiquement humain dans une société où les valeurs ont été chamboulées par l’immixtion coloniale ; Ce qui le singularise du reste des autres personnages.
En définitive, il paraît important de s’interroger sur la pertinence de Ferdinand Oyono d’avoir choisi le roman comme moyen d’expression et sur son mutisme depuis 1960. On peut penser que Ferdinand Oyono a voulu ainsi garder une originalité qui se départirait des « modèles importés » d’ailleurs, notamment d’occident.
à bientôt,
merci encore
mon mail; thierly2@hotmail.fr
il faut revoir le sens de votre messahe
pour vos encouragements c'est pour vous que nous sommes là.
Bonjour, je vous remercie.
j'AI relu mon article afin de le corriger, mais j'ai remarqué que je n'ai remarqué que j'ai cité le critique littéraire Jacques Chevrier en substance:
Mais le dénouement tragique du récit d’Oyono, explique Chevrier, commence dans la prison où le régisseur, Monsieur Moreau, le torture presque à mort ; une mort qui l’attend en Guinée espagnole où il s’est enfui.
C'est là le dernier acte d'une vie marquée par la torture avant la fuite en guinée où il meurt. cela correspond à la fin d'une série de torture q'il a subies;
CORDIALEMENT Thierno LY
Je peux toujours me tromper, mais j'ai demandé à ce qu'on m'envoie le livre pour que je revoie tout cela car je l'ai laissé au Sénégal
C'est bien durant son interrogatoire que Toundi a été toturé par Gosier-d'oiseau, Eau-de-viande et le Chef des gardes comme on le note dans le passage qui suit:
.. Le commissaire Gosier-d’oiseau ainsi que son monstre Eau-de viande, le chef des gardes, se délectent dans leur acharnement violent surles nègres. La torture atteint son paroxysme dans l’interrogatoire de Toundi, accusé decomplicité avec Sophie qui a disparu en emportant par devers elle l’argent del’ingénieur agricole, son amant : je m’étendis à plat ventre devant le garde, Gosier d’oiseau ui tendit le nerf d’hippopotame…Le garde le fit siffler vingt-cinq fois sur mesfesses. Au début je ne voulais pas…je serrais les dents tout en m’efforçant depenser à autre chose.-Passe-moi la chicotte dit Gosier-d’oiseau. Il fit siffler le nerf d’hippopotame sur ledos du garde qui poussa un barrissement de douleur.-Là ! C’est comme ça qu’il faut frapper ! Recommence !-Crie ! Crie donc pleurait-il en s’acharnant sur moi...-Ta gueule ! lui cria l’amant de Sophie en me décochant un coup de pied sur lementon…-Demain rien à manger…Chicotte toute la journée…
En vérité Toundi est témoin de la torture que subissent les pensionnaires de la prison du fait de Moreau, le régisseur
M. Moreau, échevelé, les manches de sa chemise retroussées, s’acharnait sur mes compatriotes avec une telle violence que je me demandais avec angoisse s’ils sortiraient vivants de cette bastonnade[…] Le grand Sara accourut, présenta son arme et asséna un coup de crosse sur les suspects. -Pas sur la tête…ils ont la tête dure…sur les reins…Ndjangoula donna un coup de crosse sur les reins.
Merci encore une fois! Vous n'avez pas été irrespectueux mais critique et c'est avec humilité que je corrige cette erreur que je n'avais pas remarquée. N'hésitez pas en faire de même pour tout ce que vous lirez sur mon blog et qui vous parraitrez confus
Vous comprendrez que c'est votre "bleu" qui parle quoiqu'aujourd'hui professeur de français au lycée de Coubanao ( IA DE ZIGUINCHOR) Je suis très heureux et honoré de voir ce blog dont je serais désormais un fidèle lecteur et aussi, tant que faire se peut, vous aurez mes critiques. Je n'ai pas encore lu vos articles mais je le ferai et vous dirai mes impressions d'apprenti littéraire mais amoureux de la littérature.
Mes respects et bien des choses au décor de Ngalèle. Tu n'es surement pas dépaysé...